article


BYOD, BYOS, BYOData : C2B dans l’entreprise

C’est un fait, dans les secteurs de l’économie numérique surtout, il y a pénurie de talents. Les entreprises sont en situation de devoir séduire pour capter les professionnels compétents qu’ils recherchent et qui sont rares. Mais en même temps, elles sont en recherche uniquement de compétences avérées et de haut niveau, crise oblige. Ce qui détermine des stratégies particulières de recrutement.

Dans le même temps, l’architecture même des entreprises est bousculée par les exigences de marché : on  attend d’elles encore plus d’engagement, une extrême rapidité d’exécution, et surtout une adaptation à la demande en temps réel. La souplesse structurelle et la puissance productive sont devenues les clés actuelles de la réussite face à un marché mondialisé et très agressif. Ces exigences obligent à redéfinir en profondeur le mode de fonctionnement des entreprises, et naturellement les relations entre employeur et employés.

Cee2Bee - C2B - BYOD et BYOS

Pour résumer : dans les secteurs de l’innovation et de forte croissance, le recrutement n’est pas facile. Il faut savoir attirer en comblant les attentes des futurs employés, mais aussi, bien-sûr, tout en assurant un regain d’efficacité pour profiter au mieux du talent des nouveaux venus.

Dans ce contexte, il n’est donc pas étonnant de voir se développer une nouvelle tendance managériale, très en vogue dans la Silicon Valley : le BYOD (Bring Your Own Device – amenez votre propre matériel). Le principe : l’employeur autorise, voire suggère à un nouvel employé de venir travailler avec son matériel informatique, quitte à lui verser une indemnité compensatoire. L’objectif n’est pas de faire des économies d’équipement, mais de permettre à l’employé d’être immédiatement opérationnel en amenant avec lui un système informatique personnel qui est déjà configuré selon ses habitudes de travail.

Evidemment, ce type « d’arrangement » ne concerne que des secteurs d’activité particuliers, en gros l’économie numérique, et n’est proposé qu’à des collaborateurs assez autonomes, du fait de leur compétence technique particulière ou leur position hiérarchique.

Le mouvement BYOD est devenu possible parce que la situation a changé ces dernières années : tout le monde ou presque est maintenant équipé de matériel informatique à titre personnel (surtout dans le secteur numérique), et en majorité en matériel portable et mobile (ordinateurs portables, tablettes et smartphones). La puissance matérielle n’est plus un enjeu pour la plupart des tâches (il est même possible de faire le montage d’un film en haute définition avec… un smartphone !). Plus remarquable : le matériel possédé à titre personnel par les collaborateurs est souvent plus performant que celui qu’on trouve dans les entreprises.

Cee2Bee - moi, moi, moi

La nouvelle génération de professionnels ne quitte plus son matériel et l’emporte avec lui partout, que ce soit durant les heures de travail, ou pendant les loisirs-repos. Il suffit pour s’en convaincre de voir l’offre en bagages adaptés aux ordinateurs portables, sacoches, sacs à dos, pochettes et protections en tout genre : un marché très florissant qui atteste de cette tendance nomade généralisée. Il faut se rendre compte que la plupart des jeunes professionnels ont une relation affective avec leur matériel communiquant : aujourd’hui, on choisit son smartphone pour le statut social qu’il procure, on « customise » son ordinateur portable avec des adhésifs ou en changeant le fond d’écran, on achète une coque de protection pour personnaliser sa tablette… Ce lien affectif n’existe pas avec le matériel de l’entreprise.

On comprend donc pourquoi la demande d’utiliser son propre matériel vienne souvent des collaborateurs eux-mêmes. On peut même, je crois, affirmer que le mouvement BYOD s’est développé plus à l’initiative des employés que des employeurs. En ce sens on peut vraiment parler d’un phénomène C2B.

Plus qu’une théorie, le BYOD est un constat : il y a bien longtemps que les ordinateurs portables sont cachés dans les  sacs à dos au pied du bureau, que les smartphones servent à poursuivre les conversations sur les réseaux sociaux à l’insu de l’employeur, et que la tablette connectée 3G permette de faire son e-shopping en faisant fi des blocages d’accès aux sites marchands par le réseau de l’entreprise. Parler de BYOD dans l’entreprise c’est clarifier une situation de fait, tout simplement. Et si possible en tirer parti.

Plus largement, le BYOD s’inscrit dans une évolution plus large, celle qui part du travail payé au temps consacré et qui devient une activité atomisée en missions au forfait. Beaucoup de jeunes professionnels qualifiés sont aussi des auto-entrepreneurs à heures perdues (surtout ceux en CDD, stage à rallonge ou à temps partiel) et ont souvent expérimenté le travail en espace de co-working. On observe une transformation de l’auto-organisation du travail qui bouscule les codes classiques : toutes les activités se mêlent au cours de la journée, il n’y a plus de cloisonnement entre les sujets de travail. Qui n’a jamais observé un de ses collaborateurs ou collègue qui ne prend même plus la peine de s’isoler pour une conversation téléphonique professionnelle concernant un projet extérieur à l’entreprise ?

tasse et iPhone - Cee2Bee

Devant ces nouveaux comportements, il faut probablement maintenant dépasser le simple concept BYOD qui est centré sur le matériel (device). Le type de matériel utilisé par le collaborateur n’est pas l’enjeu principal. Ce qui est important, et avantageux pour l’entreprise, c’est la maitrise et l’utilisation des logiciels. C’est là que se révèle l’intérêt du BYOD : le collaborateur amène ses logiciels avec son matériel, ceux qu’il utilise déjà et qu’il peut mettre en œuvre immédiatement au profit de l’entreprise. Donc, à notre avis, il serait plus juste de parler de phénomène BYOS (bring your own software – amenez vos logiciels).

Un nouveau marché logiciel apparaît maintenant, celui des programmes adaptés à servir le concept de BYOS. Il s’agit de logiciels avec des caractéristiques bien particulières : à la fois simples, accessibles, efficaces, bon marché, et surtout munis de propriétés collaboratives et de capacités d’intégration dans des ensembles de logiciels partageant un certain degré de compatibilité. Selon notre expérience, ce type de logiciel doit d’abord séduire un individu (grâce à son rapport qualité/prix), résoudre simplement un problème essentiel et bien identifié, et apporter un avantage opérationnel évident à celui qui l’utilise.

Une fois qu’il a adopté le logiciel et s’est formé à l’utiliser, l’utilisateur le recommande à ses collègues et amis, car le potentiel collaboratif lui permet de créer un réseau autour de lui. Et en général avec la bienveillance de l’entreprise : le travail en réseau n’est pas imposé mais consenti, et se construit progressivement, sans besoin de formation particulière, le tout pour un coût bien plus modeste qu’un développement à façon réalisé au sein de l’entreprise. C’est à ce stade que comptent les capacités de compatibilité du logiciel, afin qu’il puisse s’insérer dans un ensemble plus vaste d’outils comme le CRM ou l’ERP de l’entreprise.

Chez Vigisys, nous développons des logiciels destinés aux professionnels, réalisés selon les principes du BYOS et du C2B, logiciels modulaires et compatibles entre eux, aux capacités de réseau social et collaboratifs. Notre nouveau web-service Ubixr (qui doit sortir à la fin de ce printemps) est le premier logiciel qui correspond à cette nouvelle approche du logiciel professionnel. Nous travaillons déjà à d’autres modules qui viendront compléter ses fonctionnalités.



Une réponse à “BYOD, BYOS, BYOData : C2B dans l’entreprise”

  1. […] nous l’avons déjà évoqué sur ce blog, il y a, à la fois, pénurie de talents et moins de loyauté dans les entreprises. Pour attirer et […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Suivez l'actualité C2B sur Scoop.It!